Les Mayas
Introduction.
Peuple indien d'Amérique centrale fondateur d'une brillante civilisation précolombienne qui s'étendit sur les territoires actuels des États mexicains des Chiapas et du Yucatán, et sur ceux du Belize, du Guatemala et du Honduras. Parmi les civilisations classiques de la Méso-Amérique, le peuple maya est probablement le mieux connu. Aujourd'hui, les Mayas sont quelque 2 millions qui appartiennent au groupe linguistique maya. Ce groupe comprend de nombreuses langues dont les liens de parenté ne sont pas encore très clairement établis mais que l'on regroupe en sept branches : le huaxtèque, le yucatèque, ou maya proprement dit, le chol-tzeltal, le chuj-kanjobal, le mam-ixil, le quiché-kekchi et le motozintlèque. Dans les forêts tropicales du Petén et sur les terres arides du Yucatán, les Mayas ont, durant plus de deux millénaires, développé une civilisation prestigieuse. Au IXe siècle de notre ère, leurs cités furent peu à peu abandonnées, pour n'être redécouvertes par les explorateurs qu'à partir du XIXe siècle. L'évolution culturelle des Mayas peut se diviser en 3 périodes. - Pré classique de 1500 av.J.C.à 250 ap. J.C. - Classique de 250 à 950 - Post classique de 950 à la conquète espagnole. Mais les peuples mayas ont su jusqu'à nos jours préserver leur identité, en dépit des invasions et des conquêtes.
Les Mayas ont maîtrisé l'astronomie, mis au point
des calendriers perfectionnés et inventé une écriture hiéroglyphique.
Cette civilisation s'est aussi distinguée par son architecture cérémoniale,
prodigue de détails et d'ornements, et notamment par ses temples-pyramides,
ses palais et ses observatoires, tous construits sans outils de métal.
Habiles fermiers, les Mayas défrichaient de vastes étendues de
forêts tropicales et bâtissaient, là où l'eau de surface
était rare, d'immenses réservoirs souterrains d'eau de pluie.
Ils savaient aussi fabriquer tissus et poterie et tracer des routes parmi les
jungles et les marais pour tisser de vastes réseaux d'échanges
commerciaux avec des peuples lointains.
Les origines
Un peuple stable
Venus d'Asie par le détroit de Béring, comme tous les peuples
américains, les Mayas s'installèrent à une date qui reste
encore inconnue sur le territoire actuellement occupé par leurs descendants.
Certains mentionnent la date de 2600 avant l'ère chrétienne. On
peut cependant affirmer que ce peuple, ou plutôt ces peuples – car
il faut distinguer, d'après leur langue, les Chols, les Chortis, les
Yucatèques et de nombreux autres (le maya lui-même regroupant 24
langues indiennes) – ont connu une stabilité exceptionnelle: en
dépit des vicissitudes de l'histoire, les Mayas ne se sont pas déplacés
depuis le IIe millénaire avant J.-C.
L'aire maya
Leur territoire couvre le sud-est du Mexique, le Belize et le Guatemala, l'ouest
du Salvador et du Honduras, entre 14 degrés et 22 degrés de latitude
nord: tout le pays est donc tropical, mais cette uniformité n'est qu'apparente.
L'aire maya est traditionnellement divisée en trois ensembles géomorphologiques:
les hautes terres volcaniques méridionales, fertiles et tempérées;
les basses terres centrales, bien drainées par de grands fleuves, comme
le Motagua ou l'Usumacinta; le plateau calcaire aride du Yucatán, au
nord, au drainage souterrain. Cette distinction doit être nuancée
en raison de la diversité du relief, des sols et du climat. Les basses
terres centrales sont entrecoupées de grandes vallées mais butent
au sud-est sur les monts Maya. Le vaste plateau calcaire du Yucatán est
interrompu par la chaîne de collines du Puuc. À cette variété
de paysages correspond la multiplicité des manifestations culturelles
locales: s'il existe effectivement une civilisation maya, on ne saurait sous-estimer
la richesse de sa diversité intérieure.
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Principales civilisations
précolombiennes |
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| Nom | Début période | Fin période |
| Olmèques | de 1200 avant J.-C. | à 600 après J.-C. |
| Mayas | de 1000 avant J.-C. | à 1697 après J.-C. |
| Mixtèques | de 800 avant J.-C. | à 1520 après J.-C. |
| Zapotèques | de 650 avant J.-C. | à 1520 après J.-C. |
| Totonaques | de 400 avant J.-C. | à 1520 après J.-C. |
| Teotihuacán | de 300 avant J.-C. | à 1000 après J.-C. |
| Mochicas | de 400 après J.-C. | à 1000 après J.-C. |
| Toltèques | du milieu du Xe siècle après J.-C. | jusque vers 1160 après J.-C. |
| Aztèques | de 1325 après J.-C. | à 1520 après J.-C. |
Une longue maturation
Implantation
Des traces d'occupation antérieures au IIe millénaire ont été
identifiées dans les hautes terres (Los Tapiales), au Belize et au Yucatán
(grottes de Loltún). Mais les plus anciennes maisons – avec, à
proximité, des édifices publics – que les archéologues
aient découvertes, à Cuello, ne datent que de 1000 avant J.-C.
Ils ont reconnu aussi un motif en natte, généralement associé
à l'idée de pouvoir et qui est donc l'indice d'une hiérarchisation
sociale. Des objets en jade ou en obsidienne, minéraux importés
de gisements lointains, prouvent l'existence d'échanges à longue
distance. À cette époque, de nombreux sites sont occupés,
comme Tikal, et les Mayas colonisent progressivement toutes les basses terres.
Il est cependant difficile de définir la nature de leurs relations avec
les civilisations voisines, les Olmèques par exemple: il semble que les
centres des hautes terres du Sud, Izapa, Abaj Takalik ou Kaminaljuyú,
aient hérité de certains traits olmèques, pour élaborer
à leur tour leurs traditions (écriture, calendrier), mais les
modalités de leur adoption dans les basses terres restent inexpliquées.
Des cités autonomes
Vers 300 avant J.-C. se produit un phénomène d'accélération:
à la multiplication des sites s'ajoute une activité architecturale
intense, signe d'un fort accroissement de la population. À Komchén
ou à El Mirador, les habitants édifient de vastes plates-formes
ou pyramides; à Cerros apparaissent les premiers terrains de jeu de balle.
La voûte à encorbellement est utilisée à Tikal pour
des tombes décorées de peintures. De grands masques en stuc ornent
les façades, à Cerros ou à Uaxactún. Chaque site
se développe de façon autonome, néanmoins on utilise partout
la même céramique rouge, marque indéniable d'unité
culturelle.
L'époque protoclassique
Des tensions se manifestent, peut-être dues à cette rapide croissance,
entre 50 et 250 de notre ère, période traditionnellement dénommée
«protoclassique». On ne sait si c'est à cause de difficultés
internes ou s'il s'agit de conséquences d'une invasion, mais certains
sites, comme El Mirador, Komchén ou Cerros, disparaissent définitivement,
tandis que d'autres, Tikal ou Dzibilchaltún, s'imposent. Des cités
déclinent provisoirement (Seibal) ou se fortifient (Becan). L'instabilité
règne et bénéficie à certaines villes, par exemple
Tikal, qui va désormais compter durant la période suivante, dite
du «classique ancien».
Vers un pouvoir dynastique
En 292, Tikal érige la première stèle datée connue,
revendiquant ainsi un pouvoir politique dominant pour sa dynastie, laquelle
va imposer sa marque à une grande partie du monde maya. Le rôle
de Tikal semble avoir été renforcé par les liens qui l'unissent
à la grande métropole du Mexique central, Teotihuacán.
Cette dernière cité, peuplée de 200 000 habitants environ,
exerce alors son influence sur toute la Méso-Amérique, et on en
trouve les témoignages tant dans les hautes que dans les basses terres,
à Kaminaljuyú, Becan, Yaxhá ou Altun Ha. Mais Tikal jouit
de rapports privilégiés: certains de ses dirigeants seraient alliés
à des groupes mexicains, et l'appui de la métropole, qui se manifeste
dans l'architecture, la céramique et la sculpture, n'est pas étranger
au jeu politique de Tikal: alliances (avec Uaxactún) ou conquêtes
(la dynastie de Río Azul est chassée et remplacée).
L'apogée culturel
Vers le milieu du VIe siècle, on note toutefois en territoire maya un
ralentissement des activités, qui se traduit par l'interruption de l'érection
de monuments datés. Cet arrêt marque la fin du classique ancien.
Bientôt s'opère un renouveau d'activité architecturale et
artistique, accompagné d'un fort accroissement de population: les grands
sites se développent encore, d'autres sortent de leur léthargie,
comme Seibal, et de nouvelles cités sont fondées. Autour de centres
où abondent pyramides et monuments sculptés s'organisent des cités-États
qui rivalisent de prestige. La culture maya atteint son apogée autour
des années 750 apr. J.-C.: il durera jusqu'au Xe siècle.
L'écriture maya
Les glyphes
L'écriture des Mayas est un système combiné de signes idéographiques
et syllabiques. Chaque glyphe est composé d'un signe principal et d'affixes
qui en complètent le sens. Ces glyphes peuvent être des noms, des
verbes, et forment des phrases. Si beaucoup se rapportent à des actes
ou désignent des chefs dynastiques, une part importante correspond au
découpage du temps.
En savoir plus sur l'écriture Maya.
Le calendrier
En mathématiques, les Mayas utilisent trois signes: le point équivaut
à un, la barre à cinq, et un coquillage symbolise le zéro.
Ils comptent de 20 en 20, et, avec le zéro, utilisent une numérotation
de position. C'est sur ces bases que fut élaboré un système
de division du temps, par cycles et depuis un jour origine. Lorsque nous donnons
une date, par exemple le lundi 1er janvier 1993, nous combinons plusieurs cycles,
l'un de 7 jours, le deuxième de 28 à 31 jours, le troisième
de 12 mois; et nous complétons par un nombre d'années écoulées
à partir d'une année origine. Le calendrier maya est similaire:
un premier calendrier rituel combine 13 chiffres et 20 noms de jours, soit 260
possibilités; un second calendrier, solaire, compte 18 mois de 20 jours,
plus 5 jours néfastes, soit 365 jours. Avant que le même jour ne
revienne dans les deux systèmes simultanément, il doit s'écouler
18 980 jours (approximativement 52 ans). Le dernier élément repose
sur le nombre de jours passés depuis une date initiale, soit le jour
4 Ahau (calendrier rituel) 8 Cumku (calendrier solaire) de l'an 3113 avant J.-C.
Comme pour nos unités, dizaines et centaines, les Mayas utilisent des
subdivisions: le kin, ou jour, est l'unité de base; le uinal équivaut
à 20 jours, le tun à 360, le katun à 7 200 et le baktun
à 144 000. Les Mayas érigeaient régulièrement des
monuments datés et inscrivaient des dates sur des stèles et des
vases, signe de leur hantise du temps.
En savoir plus sur le calendrier Maya (El Tzolkin).
L'économie du monde maya
L'agriculture
Comme les autres peuples du continent, les Mayas ignorent la métallurgie
et l'élevage, et n'ont donc pas d'animaux de trait. Leur économie,
proche de celle du néolithique, repose donc pour l'essentiel sur l'agriculture
et la pierre taillée. L'agriculture sur brûlis est le système
le plus courant: le paysan défriche un champ (la milpa) en saison sèche,
puis brûle la végétation, la cendre jouant le rôle
de fertilisant; le champ est ensemencé au début de la saison des
pluies, et la récolte se fait à l'automne. Le même champ,
vite épuisé, ne peut être cultivé que deux ou trois
ans d'affilée, puis doit être laissé en jachère pendant
plus de dix ans. Chaque cité avait donc besoin pour sa subsistance de
vastes territoires, sinon elle ne pouvait nourrir qu'une population réduite.
Or la dimension de la plupart des cités comme l'ampleur des travaux menés
à bien en peu de temps font penser que ce mode de production ne pouvait
suffire aux besoins. Les Mayas avaient mis au point des systèmes plus
intensifs, comme l'agriculture en terrasses (à Caracol ou à Río
Bec) ou en jardins potagers, autour des maisons: un site maya n'est pas une
cité comme dans l'Ancien Monde, mais un habitat dispersé, sans
rues, autour d'un noyau central fortement concentré. La chasse, la pêche,
la cueillette constituaient des ressources d'appoint.
Un fragile équilibre
L'essentiel de l'activité économique se déroulait dans
le cadre familial. Mais la fabrication de céramiques de luxe, la production
de vêtements pour l'élite, la construction des édifices
ou la sculpture suggèrent l'existence de catégories de spécialistes.
Mais, surtout, la diversité du territoire s'accompagne d'une variété
des ressources. Les zones côtières produisent du sel (et des salaisons),
qui fait défaut à d'autres cités: la production doit donc
être intensive. À Colha, la présence de gisements de silex
permet la fabrication en série d'outils agricoles: de vastes ateliers
y ont en effet été identifiés.
En l'absence de roues ou d'animaux de trait, seuls le portage ou la navigation
rendaient possibles les échanges, en faibles quantités ou sur
de courtes distances. Le commerce à longue distance ne pouvait concerner
que les produits de luxe, en faibles quantités également. La situation
économique était donc stable, mais fragile, sensible à
tout impondérable.
La société maya
L'organisation sociale
À la simplicité de cette économie répondait
une structure sociale complexe, fondée sur une organisation familiale
patrilinéaire, une division sexuelle du travail et une répartition
par secteurs d'activité. Les agriculteurs, c'est-à-dire la majeure
partie de la population, se divisaient en paysans, serviteurs et esclaves. L'élite,
de son côté, se répartissait en guerriers, prêtres,
administrateurs et dirigeants. De plus, l'élite et le peuple ne formaient
pas des catégories antagonistes, car des liens de parenté ou d'alliance
unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans.
L'organisation urbaine traduit assez bien cette unité,
depuis les habitats dispersés de la périphérie, construits
en matériaux périssables, jusqu'au cœur des sites regorgeant
d'édifices prestigieux, où réside l'élite: la plupart
des grands édifices, pyramides ou palais, sont associés au lignage
dirigeant, et la pyramide principale abrite fréquemment le tombeau d'un
chef ou d'un ancêtre.
La cosmogonie maya
Plus qu'un culte à des dieux (les Mayas ont une multiplicité
de divinités, qui reçoivent pour symboles cultuels des éléments
naturels: sources, nuages, vent, etc.), la vie religieuse et ses manifestations
semblent liées au culte des ancêtres. Les stèles ou inscriptions
de Copán, par exemple, représentent le roi, entouré de
ses ancêtres et de son lignage. Les tombeaux et les pyramides sont les
signes architecturaux du pouvoir d'une dynastie, et les peintures murales, telles
celles de Bonampak, glorifient ses actions. La cosmogonie maya est le reflet
d'une vision du monde pessimiste (à la tête du panthéon
maya se trouve Chac, un dieu zoomorphe qui se plaît aux sacrifices humains)
– dont témoigne le Popol-Vuh
– et d'une conception de l'histoire fondée sur une succession d'ères
ponctuées par des déluges ou des incendies, et que l'on découvre
dans les chroniques du Chilam-Balam. Le roi, par les rites et par ses actes,
assure la pérennité du monde.
La Nature selon les Mayas.
En savoir plus sur la mythologie Maya.
Cours
sur les connaissances Mayas - Purification du karma présent.
Divisions et décadence
Dans un univers instable et jugé tel, en l'absence d'une technologie
élaborée et confrontés à une croissance de population
permanente, les Mayas n'ont pu faire face au destin qu'ils redoutaient tant.
La guerre et les crises internes ont entraîné la décadence
puis la chute de leurs cités. Grâce à leurs capacités
d'adaptation ou à des apports étrangers (les Toltèques),
certaines régions ont, un temps, échappé au sort commun,
comme les cités du Puuc, Uxmal, Sayil ou Kabah. Au postclassique, Chichén
Itzá a même pu être, pour une brève période,
à la tête d'un véritable État. Mais les cités
du Yucatán furent à leur tour frappées par les conflits.
Chichén Itzá fut abandonnée vers 1200, puis Mayapán;
ensuite le Yucatán se divisa en provinces rivales autour de centres mineurs,
Tulum ou Tayasal.
Quand les Espagnols tentèrent de pénétrer au Yucatán,
la division régnait, mais la conquête n'en fut pas facilitée:
le Yucatán ne fut soumis qu'en 1540, Tayasal tomba en 1697. Un siècle
et demi plus tard, les insurrections de la guerre des castes montreront le caractère
superficiel de la conquête.Voilà plus de quatre siècles
que nous connaissons l'existence des civilisations des Mayas et des Aztèques
et pourtant de larges pans de ces civilisations fascinantes restent mystérieuses.
* Source: http://fr.encyclopedia.yahoo.com
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